Potassium élevé (hyperkaliémie) : définition, sévérité, démarche diagnostique et causes
L’hyperkaliémie, ou potassium élevé, se définit par une kaliémie supérieure ou égale à 5,5 mmol/L. Elle est légère de 5,5 à 5,9 mmol/L, modérée de 6,0 à 6,4 mmol/L et sévère à partir de 6,5 mmol/L, seuil où le risque d’arythmie et d’arrêt cardiaque augmente. Une pseudohyperkaliémie, artefact de prélèvement, est à évoquer pour éviter un traitement inutile.
Autres noms Potassium élevé · Potassium haut · Kaliémie élevée · Hyperkalémie
Définition
La recommandation de l’UK Kidney Association retient la définition du Conseil européen de réanimation : une kaliémie supérieure ou égale à 5,5 mmol/L, seuil établi en 2005 et maintenu depuis.
UK Kidney Association ↗ Normes et conversion : Kaliémie →Classer l’anomalie
Sévérité (kaliémie)
Conduite selon la sévérité lorsqu’elle est découverte en ville
Surveillance cardiaque à l’hôpital
- Kaliémie ≥ 6,0 mmol/L
- ECG 12 dérivations urgent, à la recherche de signes d’hyperkaliémie Source ↗
- Kaliémie ≥ 6,5 mmol/L ou signes ECG
- Surveillance ECG continue (au moins 3 dérivations), idéalement en unité de surveillance ; de même entre 6,0 et 6,4 mmol/L si le patient est instable ou si une hausse rapide est attendue Source ↗
Démarche diagnostique
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Écarter une pseudohyperkaliémie
L’évoquer si la fonction rénale et l’ECG sont normaux ou en cas d’hémopathie. Elle est retenue quand la kaliémie sérique dépasse de plus de 0,4 mmol/L la kaliémie plasmatique mesurée sur des prélèvements appariés (héparinate de lithium et tube sec), faits sur une grosse veine sans traction excessive et analysés rapidement.
Source ↗ -
Obtenir un résultat rapide
En urgence, mesurer le potassium sur un analyseur de gaz du sang au lit du patient en attendant le laboratoire ; l’héparinate de lithium est l’échantillon de choix quand un résultat rapide est nécessaire.
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Faire un ECG
Un ECG s’impose chez tout patient hyperkaliémique : ondes T hautes, symétriques et pointues d’abord ; au-delà de 6,5 mmol/L, élargissement du QRS, disparition de l’onde P, puis aspect sinusoïdal pouvant aboutir à une fibrillation ventriculaire ou une asystolie.
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Rechercher la cause
Anamnèse médicamenteuse détaillée, évaluation de la volémie, ionogramme, urée et créatinine ; en cas d’insuffisance rénale, échographie rénale pour exclure une obstruction.
Source ↗
Principales causes
Pseudohyperkaliémie (artefact)
Prélèvement et acheminement
Acheminement prolongé ou mauvaise conservation, ponction difficile, contamination par l’EDTA si l’ordre des tubes n’est pas respecté, prélèvement sur le bras perfusé avec du potassium.
Source ↗Hémolyse et geste
Hémolyse de l’échantillon, garrot prolongé, poing trop serré pendant le prélèvement.
Source ↗Hémopathies
Thrombocytose ou leucocytose extrême : le potassium des cellules est libéré lors de la coagulation dans le tube sec.
Source ↗
Diminution de l’excrétion rénale
Médicaments
IEC, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II, aliskiren, diurétiques épargneurs de potassium, AINS, ciclosporine, tacrolimus, triméthoprime, héparine, lithium.
Source ↗Atteinte rénale
Lésion rénale aiguë, maladie rénale chronique, acidose tubulaire rénale de type 4, obstruction des voies urinaires.
Source ↗Hypoaldostéronisme et hypovolémie efficace
Insuffisance surrénalienne, baisse du volume sanguin circulant efficace.
Source ↗
Transfert du potassium hors des cellules
Médicaments
Bêtabloquants, intoxication par la digoxine.
Source ↗Lyse cellulaire
Lyse tumorale aiguë, hémolyse intravasculaire, rhabdomyolyse, brûlures, saignement dans les tissus mous ou le tube digestif.
Source ↗Troubles métaboliques
Déficit en insuline (diabète, jeûne), acidose métabolique, exercice ; plus rarement paralysie périodique familiale hyperkaliémique.
Source ↗
Apport accru, souvent iatrogène
Apports intraveineux ou oraux
Solutés supplémentés en potassium, transfusions, nutrition parentérale, suppléments oraux, médicaments contenant du potassium comme la pénicilline G.
Source ↗
Pièges et sécurité
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01
Urgence à partir de 6,5 mmol/L
Le risque d’arythmie et d’arrêt cardiaque augmente à partir de 6,5 mmol/L ; la plupart des recommandations prévoient un traitement en urgence à ce seuil, avec ou sans modification de l’ECG.
UK Kidney Association ↗ -
02
Ne pas attendre le laboratoire
Un traitement d’urgence peut être débuté avant le résultat biologique si l’hyperkaliémie est suspectée cliniquement ou sur l’ECG.
UK Kidney Association ↗ -
03
Protéger le cœur
En présence de signes ECG, la recommandation prévoit 30 mL de gluconate de calcium à 10 % IV en 10 minutes, ou 10 mL de chlorure de calcium à 10 % en 5 minutes selon le contexte.
UK Kidney Association ↗ -
04
Respecter l’ordre des tubes
Un tube EDTA prélevé avant le tube de biochimie peut contaminer l’échantillon et fausser la kaliémie.
UK Kidney Association ↗ -
05
Avant un IEC, un ARA II ou un antialdostérone
Utiliser IEC et ARA II avec prudence si la kaliémie dépasse 5,0 mmol/L ; éviter d’initier un antagoniste des minéralocorticoïdes si elle dépasse 5,0 mmol/L ou si le DFG est inférieur à 30 mL/min.
UK Kidney Association ↗
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Questions fréquentes
Que signifie un potassium élevé (hyperkaliémie) ?
Un potassium élevé, ou hyperkaliémie, se définit par une kaliémie supérieure ou égale à 5,5 mmol/L. Elle est légère de 5,5 à 5,9 mmol/L, modérée de 6,0 à 6,4 mmol/L et sévère à partir de 6,5 mmol/L, seuil où le risque d’arythmie et d’arrêt cardiaque augmente. Une pseudohyperkaliémie, artefact de prélèvement, est à évoquer pour éviter un traitement inutile.
Quelles sont les causes d’une hyperkaliémie ?
Il faut d’abord écarter une pseudohyperkaliémie (hémolyse, garrot prolongé, acheminement tardif, thrombocytose). Les vraies hyperkaliémies associent souvent une baisse de l’excrétion rénale (médicaments comme les IEC, ARA II, diurétiques épargneurs ou AINS, insuffisance rénale, hypoaldostéronisme), un transfert hors des cellules (acidose, déficit en insuline, lyse cellulaire) et parfois un apport accru.
Quels sont les signes d’une hyperkaliémie ?
Elle est habituellement asymptomatique jusqu’à l’apparition de troubles du rythme ; une faiblesse musculaire, voire une paralysie flasque, est possible. L’ECG montre d’abord des ondes T pointues, puis un élargissement du QRS et une disparition de l’onde P au-delà de 6,5 mmol/L.
À partir de quelle kaliémie faut-il s’inquiéter ?
À partir de 6,5 mmol/L, l’hyperkaliémie est sévère et relève d’une prise en charge immédiate. Découverte en ville, une hyperkaliémie modérée (6,0 à 6,4 mmol/L) justifie un contrôle dans la journée et une hyperkaliémie légère (5,5 à 5,9 mmol/L) un contrôle dans les 3 jours.
Comment reconnaître une fausse hyperkaliémie ?
La pseudohyperkaliémie est un artefact : la kaliémie sérique dépasse de plus de 0,4 mmol/L la kaliémie plasmatique mesurée en même temps. Elle est évoquée quand la fonction rénale et l’ECG sont normaux, après un prélèvement difficile, un acheminement tardif, une hémolyse ou en cas de thrombocytose.
Quel tube utiliser pour contrôler une kaliémie ?
L’héparinate de lithium est l’échantillon de choix quand un résultat rapide est nécessaire. Si une pseudohyperkaliémie est suspectée, prélever simultanément un tube hépariné et un tube sec, sur une grosse veine, et les faire analyser rapidement.
Sources et révision
- Clinical Practice Guideline — Management of Hyperkalaemia in Adults (mise à jour de juillet 2026) ↗
UK Kidney Association · 2026 · Consultée le 15/10/2026
- Hyperkaliémie ↗
Manuel MSD — édition professionnelle · 2025 · Consultée le 15/10/2026
Page mise à jour le 15/10/2026. La consultation des sources ne vaut pas relecture médicale. Ces repères ne remplacent ni le jugement clinique ni les protocoles locaux.