INTERPRÉTATION TROUBLES HYDROÉLECTROLYTIQUESFICHE CALCÉMIE ↗
Troubles hydroélectrolytiques · Interprétation

Hypercalcémie (calcium élevé) : définition, gravité, démarche diagnostique et causes

Une calcémie totale supérieure à 2,63 mmol/L est pathologique, de même qu’un calcium ionisé supérieur à 1,32 mmol/L ; la limite exacte dépend des normes du laboratoire. Le plus souvent modérée et découverte fortuitement, l’hypercalcémie devient une urgence au-delà de 3,7 mmol/L. Le dosage de la PTH oriente d’emblée vers une hyperparathyroïdie primaire ou un cancer, qui représentent près de 90 % des causes.

Autres noms Calcium élevé · Calcémie élevée

Sources consultées le 15/10/2026 · Relecture médicale à réaliser.
01 / DÉFINITION

Définition

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Calcémie > 2,63 mmol/L Seuil de définition

Le référentiel de la Société Française d’Endocrinologie rappelle que la limite supérieure de la calcémie doit se référer aux normes de chaque laboratoire, et qu’une calcémie totale au-delà de 2,63 mmol/L est pathologique.

Société Française d’Endocrinologie ↗ Normes et conversion : Calcémie →
02 / CLASSIFICATION

Classer l’anomalie

Niveau de calcémie totale

Entre 2,63 et 3 mmol/L
Hypercalcémie modérée, le plus souvent peu ou pas symptomatique Source ↗
Supérieure à 3 mmol/L
Plusieurs signes cliniques sont habituellement associés Source ↗
Supérieure à 3,7 mmol/L
Hypercalcémie maligne : urgence médicale, avec risque de coma, de collapsus ou d’arrêt cardiaque Source ↗

Calcium ionisé

Valeurs physiologiques à jeun
1,15 à 1,32 mmol/L Source ↗
Hypercalcémie
Calcium ionisé supérieur à 1,32 mmol/L ; dosage à privilégier en cas de myélome, de dénutrition ou d’hypoprotidémie Source ↗

Orientation selon la PTH

PTH élevée ou « normale », donc inadaptée
Hypercalcémie PTH-dépendante : hyperparathyroïdie primaire, hypercalcémie-hypocalciurie familiale, lithium Source ↗
PTH effondrée
Hypercalcémie PTH-indépendante : cancers (métastases osseuses, PTHrp, myélome), sarcoïdose, intoxication à la vitamine D, autres causes Source ↗
03 / DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE

Démarche diagnostique

  1. Confirmer l’hypercalcémie

    Répéter le dosage. Une hypoalbuminémie, une acidose ou une hypovitaminose D peuvent masquer l’hypercalcémie : mesurer alors le calcium ionisé ou, à défaut, calculer une calcémie corrigée.

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  2. Évaluer le retentissement

    Rechercher les symptômes et leur durée, évaluer l’état cognitif et l’hydratation, et faire un ECG à la recherche d’un QT court ou d’autres troubles de la conduction.

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  3. Doser la PTH en premier

    La démarche étiologique repose d’abord sur la PTH ; la phosphatémie, la calciurie des 24 heures, la 25-OH-vitamine D et, très exceptionnellement, le calcitriol précisent ensuite le diagnostic.

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  4. Compléter le bilan

    Phosphatémie, urée, créatinine et ionogramme ; rechercher les signes d’une cause sous-jacente (amaigrissement, sueurs nocturnes, toux), les antécédents familiaux et tous les médicaments, y compris les compléments et les produits sans ordonnance.

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  5. Interpréter la calciurie si la PTH n’est pas basse

    La calciurie aide à distinguer une hyperparathyroïdie primaire fruste d’une hypercalcémie-hypocalciurie familiale, où elle est typiquement effondrée ; dans les formes typiques, le rapport des clairances du calcium et de la créatinine est inférieur à 0,01.

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04 / ÉTIOLOGIES

Principales causes

Hypercalcémies PTH-dépendantes

  • Hyperparathyroïdie primaire

    Première cause, le plus souvent liée à un adénome parathyroïdien unique. Hypercalcémie avec PTH élevée ou « normale », donc inadaptée ; l’hypophosphorémie n’est observée que dans la moitié des cas.

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  • Hypercalcémie-hypocalciurie familiale

    Piège diagnostique : hypercalcémie habituellement bien tolérée, PTH normale ou haute, calciurie très basse ; affection autosomique dominante touchant le récepteur sensible au calcium.

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  • Lithium

    Hypercalcémie chez 10 % des patients traités, régressive à l’arrêt ; le tableau biologique est superposable à celui d’une hyperparathyroïdie primaire.

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Cancers (PTH effondrée)

  • Métastases osseuses ostéolytiques

    Cancers du sein, des bronches, du rein et de la thyroïde ; localisations osseuses du myélome, des lymphomes et des autres hémopathies malignes.

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  • Hypercalcémie humorale maligne

    Production par la tumeur de PTHrp, peptide qui mime presque tous les effets de la PTH. Les cancers causent 30 % des hypercalcémies, souvent sévères et d’apparition rapide.

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Autres causes avec PTH basse

  • Sarcoïdose et granulomatoses

    Hypercalcémie dans 10 à 20 % des sarcoïdoses évolutives, par production non régulée de calcitriol ; hyperphosphorémie et PTH basse.

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  • Vitamine D et dérivés

    En cas de surdosage : hypercalcémie, hyperphosphorémie, PTH basse et 1,25-(OH)₂-vitamine D augmentée.

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  • Endocrinopathies

    Hyperthyroïdie sévère du sujet âgé, insuffisance surrénale aiguë, phéochromocytome.

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  • Médicaments et apports

    Diurétiques thiazidiques (avec hypocalciurie), intoxication par la vitamine A, consommation excessive de lait et d’alcalins.

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  • Immobilisation

    Surtout chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte jeune ; les anomalies régressent environ 6 mois après la reprise de l’activité.

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  • Causes plus rares

    Hyperparathyroïdie tertiaire, rhabdomyolyse, intoxication à la théophylline.

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05 / POINTS DE VIGILANCE

Pièges et sécurité

5
  1. 01

    Urgence au-delà de 3,7 mmol/L

    L’hypercalcémie maligne expose au coma, au collapsus et à l’arrêt cardiaque ; la déshydratation, toujours présente, entretient l’élévation de la calcémie.

    Société Française d’Endocrinologie ↗
  2. 02

    Réhydrater d’abord

    Réhydratation orale (5 à 6 litres de boissons) si l’état du patient le permet, sinon sérum physiologique IV à 200 à 500 mL/h selon l’état cardiovasculaire ; la diurèse forcée par le furosémide n’est plus recommandée.

    Société Française d’Endocrinologie ↗
  3. 03

    Digitaliques contre-indiqués

    Les digitaliques favorisent les troubles du rythme liés à l’hypercalcémie et sont formellement contre-indiqués.

    Société Française d’Endocrinologie ↗
  4. 04

    Bisphosphonates : effet différé

    Après la réhydratation, la calcémie atteint son nadir en 2 à 4 jours ; une hypocalcémie est possible en cas de carence en vitamine D ou de PTH freinée. Ralentir la perfusion et envisager une réduction de dose en cas d’insuffisance rénale.

    Society for Endocrinology — Endocrine Connections (Walsh et al.) ↗
  5. 05

    Contrôler après l’arrêt d’un thiazidique

    Si l’hypercalcémie persiste après l’arrêt du diurétique thiazidique, une autre cause doit être recherchée.

    Société Française d’Endocrinologie ↗
REPÈRES PRATIQUES

Questions fréquentes

6
Qu’est-ce qu’une hypercalcémie (calcium élevé) ?

La limite supérieure dépend des normes du laboratoire, mais une calcémie totale au-delà de 2,63 mmol/L est pathologique, de même qu’un calcium ionisé supérieur à 1,32 mmol/L. Entre 2,63 et 3 mmol/L, l’hypercalcémie est souvent peu ou pas symptomatique ; au-delà de 3,7 mmol/L, c’est une urgence médicale.

Quelles sont les causes d’une hypercalcémie ?

L’hyperparathyroïdie primaire et les cancers représentent près de 90 % des hypercalcémies. Les autres causes sont plus rares : lithium, hypercalcémie-hypocalciurie familiale, sarcoïdose, intoxication à la vitamine D ou A, diurétiques thiazidiques, immobilisation, hyperthyroïdie.

Quels sont les symptômes d’une hypercalcémie ?

Polyurie et soif, anorexie, nausées et constipation, troubles de l’humeur, troubles cognitifs, confusion voire coma, insuffisance rénale, QT court et troubles du rythme, lithiase rénale, pancréatite, faiblesse musculaire. Ces signes sont peu spécifiques : le diagnostic est fortuit dans une majorité de cas.

Pourquoi doser la PTH devant une hypercalcémie ?

Elle oriente d’emblée : une PTH élevée ou « normale », donc inadaptée, évoque une hypercalcémie PTH-dépendante, surtout l’hyperparathyroïdie primaire ; une PTH effondrée oriente vers un cancer ou une autre cause PTH-indépendante.

Faut-il tenir compte de l’albumine ?

Oui : le calcium circule en partie lié à l’albumine, et une hypoalbuminémie ou une acidose peuvent masquer une hypercalcémie. Le calcium ionisé est alors préférable ; à défaut, on calcule une calcémie corrigée.

À partir de quelle calcémie est-ce une urgence ?

Au-delà de 3,7 mmol/L, l’hypercalcémie est une urgence médicale en raison du risque de coma, de collapsus ou d’arrêt cardiaque. Le traitement repose d’abord sur la réhydratation.

06 / TRAÇABILITÉ

Sources et révision

  1. Item 268 — Hypercalcémie ↗

    Société Française d’Endocrinologie · Consultée le 15/10/2026

  2. Society for Endocrinology Endocrine Emergency Guidance: Emergency management of acute hypercalcaemia in adult patients ↗

    Society for Endocrinology — Endocrine Connections (Walsh et al.) · 2016 · Consultée le 15/10/2026

Page mise à jour le 15/10/2026. La consultation des sources ne vaut pas relecture médicale. Ces repères ne remplacent ni le jugement clinique ni les protocoles locaux.