Hyponatrémie (sodium bas) : définition, classification, démarche diagnostique et causes
L’hyponatrémie, ou sodium bas, se définit par une natrémie inférieure à 135 mmol/L. Elle est légère de 130 à 135 mmol/L, modérée de 125 à 129 mmol/L et profonde en dessous de 125 mmol/L ; elle est aiguë si elle est documentée depuis moins de 48 heures. L’osmolalité plasmatique, puis l’osmolalité et le sodium urinaires orientent vers la cause.
Autres noms Sodium bas · Natrémie basse · Hyponatriémie
Définition
La recommandation européenne ESE/ESICM/ERBP définit l’hyponatrémie par une natrémie inférieure à 135 mmol/L. C’est le trouble de l’équilibre hydroélectrolytique le plus fréquent en pratique clinique.
ESE / ESICM / ERBP ↗ Normes et conversion : Natrémie →Classer l’anomalie
Sévérité biologique (natrémie mesurée par électrode spécifique)
Délai d’installation
Symptômes
Démarche diagnostique
-
Confirmer une hyponatrémie hypotonique
Exclure une hyponatrémie hyperglycémique en dosant la glycémie et en corrigeant la natrémie si besoin : ajouter 2,4 mmol/L à la natrémie mesurée par tranche de 5,5 mmol/L (100 mg/dL) de glycémie au-delà de 5,5 mmol/L. Une osmolalité mesurée inférieure à 275 mOsm/kg signe toujours une hyponatrémie hypotonique.
Source ↗ -
Osmolalité urinaire
Interpréter d’abord l’osmolalité d’un échantillon d’urine : si elle est inférieure ou égale à 100 mOsm/kg, retenir un apport d’eau relativement excessif.
Source ↗ -
Sodium urinaire
Si l’osmolalité urinaire dépasse 100 mOsm/kg, interpréter le sodium urinaire d’un échantillon prélevé en même temps que le sang : s’il est inférieur ou égal à 30 mmol/L, retenir une baisse du volume artériel efficace.
Source ↗ -
Volume extracellulaire et diurétiques
Si le sodium urinaire dépasse 30 mmol/L, évaluer le volume extracellulaire et la prise de diurétiques pour distinguer les causes. Le dosage de la vasopressine n’est pas recommandé pour confirmer un SIADH.
Source ↗ -
Critères du SIADH
Osmolalité efficace inférieure à 275 mOsm/kg, osmolalité urinaire supérieure à 100 mOsm/kg, euvolémie clinique et sodium urinaire supérieur à 30 mmol/L, en l’absence d’insuffisance surrénalienne, thyroïdienne, hypophysaire ou rénale et de diurétique récent.
Source ↗
Principales causes
Hyponatrémie hypovolémique
Pertes digestives
Diarrhée, vomissements.
Source ↗Pertes rénales
Diurétiques (en particulier thiazidiques), déficit en minéralocorticoïdes, diurèse osmotique (glucose, urée, mannitol), néphropathies avec perte de sel.
Source ↗Pertes dans un troisième secteur
Brûlures, pancréatite, péritonite, rhabdomyolyse, occlusion de l’intestin grêle.
Source ↗
Hyponatrémie euvolémique
SIADH et stimulation non osmotique de l’ADH
Syndrome de sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique ; stress émotionnel, nausées, douleur, période postopératoire.
Source ↗Médicaments
Diurétiques thiazidiques, carbamazépine, opioïdes, barbituriques, vincristine, MDMA ; éventuellement AINS, ISRS, cyclophosphamide, ocytocine.
Source ↗Causes endocriniennes et apports d’eau
Insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison), hypothyroïdie, polydipsie primitive.
Source ↗
Hyponatrémie hypervolémique
Hyponatrémie non hypotonique
Pièges et sécurité
-
01
Ne pas corriger trop vite
Limiter la hausse de la natrémie à 10 mmol/L au total pendant les premières 24 heures, puis à 8 mmol/L par 24 heures supplémentaires, jusqu’à 130 mmol/L.
ESE / ESICM / ERBP ↗ -
02
Aiguë ou chronique : un risque différent
Le cerveau met environ 48 heures à s’adapter à l’hypotonie : avant, le risque est l’œdème cérébral ; après, une correction trop rapide expose au syndrome de démyélinisation osmotique.
ESE / ESICM / ERBP ↗ -
03
Symptômes sévères : urgence
Prise en charge immédiate en environnement surveillé ; la recommandation européenne prévoit en première heure 150 mL de soluté salé hypertonique à 3 % (ou équivalent) en 20 minutes, renouvelable jusqu’à une hausse de 5 mmol/L.
ESE / ESICM / ERBP ↗ -
04
Surveiller la natrémie
Contrôler la natrémie après 6 et 12 heures, puis chaque jour jusqu’à stabilisation sous traitement stable.
ESE / ESICM / ERBP ↗ -
05
Prélèvements contemporains
L’interprétation exige des prélèvements sanguin et urinaire contemporains ; osmolalité et sodium urinaires se dosent de préférence sur le même échantillon.
ESE / ESICM / ERBP ↗ -
06
Penser aux faux positifs
Avant d’explorer, éliminer une hyperglycémie et une pseudohyponatrémie liée à une hypertriglycéridémie, une hyperprotidémie ou une gammapathie monoclonale.
ESE / ESICM / ERBP ↗
Les outils Medicalcul associés
Natrémie corrigée pour l'hyperglycémie
Natrémie corrigée
Corriger la natrémie mesurée en cas d’hyperglycémie avant de conclure à une hyponatrémie hypotonique.
Déficit en sodium (hyponatrémie)
Déficit en sodium
Estimer le déficit en sodium d’une hyponatrémie.
Osmolarité plasmatique & trou osmolaire
Osmolarité plasmatique
Calculer l’osmolarité plasmatique et le trou osmolaire pour situer l’hyponatrémie.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une hyponatrémie (sodium bas) ?
L’hyponatrémie, ou sodium bas, se définit par une natrémie inférieure à 135 mmol/L. Elle est légère de 130 à 135 mmol/L, modérée de 125 à 129 mmol/L et profonde en dessous de 125 mmol/L ; elle est aiguë si elle est documentée depuis moins de 48 heures. L’osmolalité plasmatique, puis l’osmolalité et le sodium urinaires orientent vers la cause.
Quelles sont les causes d’une hyponatrémie ?
Les causes se classent selon le volume extracellulaire : pertes digestives, rénales (diurétiques thiazidiques) ou dans un troisième secteur en cas d’hypovolémie ; SIADH, médicaments, insuffisance surrénalienne, hypothyroïdie ou polydipsie en cas d’euvolémie ; cirrhose, insuffisance cardiaque ou atteinte rénale en cas d’hypervolémie. Une hyperglycémie ou une pseudohyponatrémie doivent être exclues d’abord.
À partir de quand une hyponatrémie est-elle sévère ?
Biologiquement, elle est profonde en dessous de 125 mmol/L. Cliniquement, elle est sévèrement symptomatique en présence de vomissements, d’une détresse cardiorespiratoire, d’une somnolence profonde, de convulsions ou d’un coma, quel que soit le chiffre de natrémie.
Quels sont les symptômes d’une hyponatrémie ?
Ils sont surtout neurologiques : nausées, céphalées et confusion dans les formes modérément sévères ; vomissements, somnolence profonde, convulsions et coma dans les formes sévères. Ils traduisent un œdème cérébral, plus marqué dans les formes aiguës.
À quelle vitesse corriger une hyponatrémie ?
La recommandation européenne limite la hausse de la natrémie à 10 mmol/L pendant les premières 24 heures, puis à 8 mmol/L par 24 heures supplémentaires, jusqu’à 130 mmol/L, pour éviter le syndrome de démyélinisation osmotique.
Comment corriger la natrémie en cas d’hyperglycémie ?
Ajouter 2,4 mmol/L à la natrémie mesurée par tranche de 5,5 mmol/L (100 mg/dL) de glycémie au-delà de 5,5 mmol/L, avant de conclure à une hyponatrémie hypotonique.
Sources et révision
- Clinical Practice Guideline on Diagnosis and Treatment of Hyponatraemia — version abrégée (BANTAO Journal, Spasovski et al.) ↗
ESE / ESICM / ERBP · 2014 · Consultée le 15/10/2026
- Hyponatrémie ↗
Manuel MSD — édition professionnelle · 2025 · Consultée le 15/10/2026
Page mise à jour le 15/10/2026. La consultation des sources ne vaut pas relecture médicale. Ces repères ne remplacent ni le jugement clinique ni les protocoles locaux.