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Troubles hydroélectrolytiques · Interprétation

Hyponatrémie (sodium bas) : définition, classification, démarche diagnostique et causes

L’hyponatrémie, ou sodium bas, se définit par une natrémie inférieure à 135 mmol/L. Elle est légère de 130 à 135 mmol/L, modérée de 125 à 129 mmol/L et profonde en dessous de 125 mmol/L ; elle est aiguë si elle est documentée depuis moins de 48 heures. L’osmolalité plasmatique, puis l’osmolalité et le sodium urinaires orientent vers la cause.

Autres noms Sodium bas · Natrémie basse · Hyponatriémie

Sources consultées le 15/10/2026 · Relecture médicale à réaliser.
01 / DÉFINITION

Définition

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Natrémie < 135 mmol/L Seuil de définition

La recommandation européenne ESE/ESICM/ERBP définit l’hyponatrémie par une natrémie inférieure à 135 mmol/L. C’est le trouble de l’équilibre hydroélectrolytique le plus fréquent en pratique clinique.

ESE / ESICM / ERBP ↗ Normes et conversion : Natrémie →
02 / CLASSIFICATION

Classer l’anomalie

Sévérité biologique (natrémie mesurée par électrode spécifique)

Légère
Natrémie de 130 à 135 mmol/L Source ↗
Modérée
Natrémie de 125 à 129 mmol/L Source ↗
Profonde
Natrémie inférieure à 125 mmol/L Source ↗

Délai d’installation

Aiguë
Hyponatrémie documentée depuis moins de 48 heures Source ↗
Chronique
Hyponatrémie documentée depuis au moins 48 heures ; en cas de doute, la considérer comme chronique sauf argument contraire Source ↗

Symptômes

Modérément sévères
Nausées sans vomissements, confusion, céphalées Source ↗
Sévères
Vomissements, détresse cardiorespiratoire, somnolence anormale et profonde, convulsions, coma (Glasgow ≤ 8) Source ↗
03 / DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE

Démarche diagnostique

  1. Confirmer une hyponatrémie hypotonique

    Exclure une hyponatrémie hyperglycémique en dosant la glycémie et en corrigeant la natrémie si besoin : ajouter 2,4 mmol/L à la natrémie mesurée par tranche de 5,5 mmol/L (100 mg/dL) de glycémie au-delà de 5,5 mmol/L. Une osmolalité mesurée inférieure à 275 mOsm/kg signe toujours une hyponatrémie hypotonique.

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  2. Osmolalité urinaire

    Interpréter d’abord l’osmolalité d’un échantillon d’urine : si elle est inférieure ou égale à 100 mOsm/kg, retenir un apport d’eau relativement excessif.

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  3. Sodium urinaire

    Si l’osmolalité urinaire dépasse 100 mOsm/kg, interpréter le sodium urinaire d’un échantillon prélevé en même temps que le sang : s’il est inférieur ou égal à 30 mmol/L, retenir une baisse du volume artériel efficace.

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  4. Volume extracellulaire et diurétiques

    Si le sodium urinaire dépasse 30 mmol/L, évaluer le volume extracellulaire et la prise de diurétiques pour distinguer les causes. Le dosage de la vasopressine n’est pas recommandé pour confirmer un SIADH.

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  5. Critères du SIADH

    Osmolalité efficace inférieure à 275 mOsm/kg, osmolalité urinaire supérieure à 100 mOsm/kg, euvolémie clinique et sodium urinaire supérieur à 30 mmol/L, en l’absence d’insuffisance surrénalienne, thyroïdienne, hypophysaire ou rénale et de diurétique récent.

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04 / ÉTIOLOGIES

Principales causes

Hyponatrémie hypovolémique

  • Pertes digestives

    Diarrhée, vomissements.

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  • Pertes rénales

    Diurétiques (en particulier thiazidiques), déficit en minéralocorticoïdes, diurèse osmotique (glucose, urée, mannitol), néphropathies avec perte de sel.

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  • Pertes dans un troisième secteur

    Brûlures, pancréatite, péritonite, rhabdomyolyse, occlusion de l’intestin grêle.

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Hyponatrémie euvolémique

  • SIADH et stimulation non osmotique de l’ADH

    Syndrome de sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique ; stress émotionnel, nausées, douleur, période postopératoire.

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  • Médicaments

    Diurétiques thiazidiques, carbamazépine, opioïdes, barbituriques, vincristine, MDMA ; éventuellement AINS, ISRS, cyclophosphamide, ocytocine.

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  • Causes endocriniennes et apports d’eau

    Insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison), hypothyroïdie, polydipsie primitive.

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Hyponatrémie hypervolémique

  • Causes extrarénales

    Cirrhose, insuffisance cardiaque.

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  • Causes rénales

    Lésion rénale aiguë, maladie rénale chronique, syndrome néphrotique.

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Hyponatrémie non hypotonique

  • Osmoles efficaces

    Glucose, mannitol, glycine, produits de contraste hyperosmolaires : l’osmolalité est normale ou élevée.

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  • Pseudohyponatrémie (artefact de laboratoire)

    Triglycérides, cholestérol, protéines, immunoglobulines intraveineuses, gammapathies monoclonales.

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05 / POINTS DE VIGILANCE

Pièges et sécurité

6
  1. 01

    Ne pas corriger trop vite

    Limiter la hausse de la natrémie à 10 mmol/L au total pendant les premières 24 heures, puis à 8 mmol/L par 24 heures supplémentaires, jusqu’à 130 mmol/L.

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  2. 02

    Aiguë ou chronique : un risque différent

    Le cerveau met environ 48 heures à s’adapter à l’hypotonie : avant, le risque est l’œdème cérébral ; après, une correction trop rapide expose au syndrome de démyélinisation osmotique.

    ESE / ESICM / ERBP ↗
  3. 03

    Symptômes sévères : urgence

    Prise en charge immédiate en environnement surveillé ; la recommandation européenne prévoit en première heure 150 mL de soluté salé hypertonique à 3 % (ou équivalent) en 20 minutes, renouvelable jusqu’à une hausse de 5 mmol/L.

    ESE / ESICM / ERBP ↗
  4. 04

    Surveiller la natrémie

    Contrôler la natrémie après 6 et 12 heures, puis chaque jour jusqu’à stabilisation sous traitement stable.

    ESE / ESICM / ERBP ↗
  5. 05

    Prélèvements contemporains

    L’interprétation exige des prélèvements sanguin et urinaire contemporains ; osmolalité et sodium urinaires se dosent de préférence sur le même échantillon.

    ESE / ESICM / ERBP ↗
  6. 06

    Penser aux faux positifs

    Avant d’explorer, éliminer une hyperglycémie et une pseudohyponatrémie liée à une hypertriglycéridémie, une hyperprotidémie ou une gammapathie monoclonale.

    ESE / ESICM / ERBP ↗
REPÈRES PRATIQUES

Questions fréquentes

6
Qu’est-ce qu’une hyponatrémie (sodium bas) ?

L’hyponatrémie, ou sodium bas, se définit par une natrémie inférieure à 135 mmol/L. Elle est légère de 130 à 135 mmol/L, modérée de 125 à 129 mmol/L et profonde en dessous de 125 mmol/L ; elle est aiguë si elle est documentée depuis moins de 48 heures. L’osmolalité plasmatique, puis l’osmolalité et le sodium urinaires orientent vers la cause.

Quelles sont les causes d’une hyponatrémie ?

Les causes se classent selon le volume extracellulaire : pertes digestives, rénales (diurétiques thiazidiques) ou dans un troisième secteur en cas d’hypovolémie ; SIADH, médicaments, insuffisance surrénalienne, hypothyroïdie ou polydipsie en cas d’euvolémie ; cirrhose, insuffisance cardiaque ou atteinte rénale en cas d’hypervolémie. Une hyperglycémie ou une pseudohyponatrémie doivent être exclues d’abord.

À partir de quand une hyponatrémie est-elle sévère ?

Biologiquement, elle est profonde en dessous de 125 mmol/L. Cliniquement, elle est sévèrement symptomatique en présence de vomissements, d’une détresse cardiorespiratoire, d’une somnolence profonde, de convulsions ou d’un coma, quel que soit le chiffre de natrémie.

Quels sont les symptômes d’une hyponatrémie ?

Ils sont surtout neurologiques : nausées, céphalées et confusion dans les formes modérément sévères ; vomissements, somnolence profonde, convulsions et coma dans les formes sévères. Ils traduisent un œdème cérébral, plus marqué dans les formes aiguës.

À quelle vitesse corriger une hyponatrémie ?

La recommandation européenne limite la hausse de la natrémie à 10 mmol/L pendant les premières 24 heures, puis à 8 mmol/L par 24 heures supplémentaires, jusqu’à 130 mmol/L, pour éviter le syndrome de démyélinisation osmotique.

Comment corriger la natrémie en cas d’hyperglycémie ?

Ajouter 2,4 mmol/L à la natrémie mesurée par tranche de 5,5 mmol/L (100 mg/dL) de glycémie au-delà de 5,5 mmol/L, avant de conclure à une hyponatrémie hypotonique.

06 / TRAÇABILITÉ

Sources et révision

  1. Clinical Practice Guideline on Diagnosis and Treatment of Hyponatraemia — version abrégée (BANTAO Journal, Spasovski et al.) ↗

    ESE / ESICM / ERBP · 2014 · Consultée le 15/10/2026

  2. Hyponatrémie ↗

    Manuel MSD — édition professionnelle · 2025 · Consultée le 15/10/2026

Page mise à jour le 15/10/2026. La consultation des sources ne vaut pas relecture médicale. Ces repères ne remplacent ni le jugement clinique ni les protocoles locaux.